Vente de vins en ligne

La boutique Amazon vue, et critiquée, par ses premiers fournisseurs

Jeudi 01 octobre 2015 par Alexandre Abellan

Vente de vins en ligne : la boutique Amazon vue, et critiquée, par ses premiers fournisseurs
Lancée ce 23 septembre, la marketplace présente déjà un bilan contrasté pour ses utilisateurs. Avec une commission de 15 %, les dents grincent.

Malgré ses démarchages, la plate-forme Amazon n’a pas réussi à recruter les principaux acteurs de la vente de vins en ligne pour le lancement sa nouvelle boutique « bières, vins et spiritueux ». Si les Vinatis et autres Millesima en sont absents, de plus petits opérateurs tentent l’expérience. Et essuient les plâtres. « On sent qu’ils gèrent le vin comme ils gèrent les chaussettes. Les annonces manquent de contenus, ils s’imaginent qu’un titre suffit à vendre une bouteille » témoigne Claude Queyroix, le fondateur de Bordeaux Best Wine (site de drop shipping* créé en 2009). A en croire les premiers fournisseurs d'Amazon, la place de marché vins et spiritueux n’a bénéficié ni du soin, ni des adaptations nécessaires à son bon lancement. « Pour une si grosse usine, il est étonnant de voir un si grand manque de réactivité. La rigidité de l’outil est un gros point noir » tranche Sylvain Tourrière, le créateur du site Midi-Vin (racheté par les caves de Notre Dame). Ayant déposé 182 références sur la place de marché, il fait état d’une expérience utilisateur difficile, notamment pour la gestion de forfaits de livraison.

Mais Amazon ne mise pas sur son ergonomie pour percer. Pour la première des marketplaces, c’est bien son trafic naturel qui reste le nerf de la guerre. « Avec 17 millions de visiteurs par mois, Amazon peut m’amener des clients que je ne pourrais pas atteindre. Ceux qui cherchent précisément du vin ne vont pas sur Amazon, mais ceux qui s'y connaissent moins deviennent accessibles » estime Claude Queyroix, qui y a déposé 57 références de vins du Sud-Ouest. A noter cependant que la plate-forme protège sa place d’intermédiaire, ne donnant à ses fournisseurs que l’adresse et le numéro de téléphone de ses clients. « Les mails restent à Amazon, il est impossible de travailler ces clients derrière » souligne Sylvain Tourrière.

La plate-forme « bières, vins et spiritueux » d’Amazon a été lancée ce 23 septembre sur six marchés européens : l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. En pratique, Amazon offre à ses fournisseurs les frais d’ouverture d’une boutique sur son site les six premiers mois (l’abonnement mensuel est ensuite de 39 € HT). Pour les vins, sa commission est fixée à 15 % (pour comparaison, celle de e-Bay est de 12 %). Pour être mis en avant sur le site, un fournisseur a également la possibilité de souscrire à des annonces sponsorisées.

 

 

* : Le drop shipping, ou livraison directe, laisse les stocks au producteur, leur enlèvement n’étant réalisé que lorsque le distributeur a conclu une vente.

 

 

[Photo d’un centre de distribution Amazon : Amazon]

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