Feu vert de l'Inao pour les IGP du Sud-Ouest

Vendredi 14 septembre 2012 par M. T.

Le Sud-Ouest va pouvoir chaptaliser ses IGP cette année. Les producteurs ardéchois, qui souhaitaient également avoir recours au sucrage à sec, n'y sont pas autorisés.

Les vins IGP du Sud-ouest ont obtenu un avis favorable de l'Inao suite à leur demande d'enrichir par sucrage à sec. L'arrêté préfectoral, formalisant cette autorisation, a d'ores et déjà été publié pour les Côtes du Tarn. Il est attendu dans les prochains jours pour les IGP Côtes de Gascogne, Comté Tolosan, Agenais et Landes.

Pour la première fois, cette année, les producteurs d'IGP du Sud-ouest utiliseront le saccharose pour enrichir. Jusqu'ici, c'est avec les moûts concentrés (MC) ou moûts concentrés rectifiés (MCR) qu'ils enrichissaient leur IGP. Cette pratique est surtout utilisée sur les blancs à profil aromatique.

Necessité

Pour conserver leur potentiel aromatique, les oenologues recommandent de vendanger ces blancs avant maturité phénologique. D'où la nécessité par la suite de corriger le titre alcoométrique de 0,5 à 1 % vol. Cette année, la fin des aides à l'enrichissement octroyées jusqu'ici par Bruxelles pour compenser le surcoût de l'enrichissement au MC/MCR par rapport à la chaptalisation a changé la donne.

Unanimes, les professionnels de la région ont décidé de demander l'autorisation de chaptaliser. « C'est une décision économique, argumente Michel Defrancès, président de l'Interprofession des vins du Sud-Ouest. L'enrichissement revient entre 4,5 et 5 ?/hl avec les MC/MCR, contre 1,5 à 1,70 ?/hl avec le sucre de betterave. Notre filière n'est pas dans une situation qui lui permette de surmonter un tel handicap économique. »

Acidités basses cette année

Les contrôles de maturité transmis à l'Inao révèlent des acidités particulièrement basses cette année et des TAV hétérogènes, d'où la nécessité d'enrichir. Le sucrage à sec est aussi motivé par la nécessité de répondre aux difficultés d'approvisionnement en MC/MCR.

En Ardèche, l'IGP Ardèche et l'AOC Côtes du Vivarais avaient également demandé l'autorisation d'enrichir par sucrage à sec. La délégation régionale de l'Inao a rendu un avis défavorable, n'autorisant que l'enrichissement par MC/MCR ou concentration.

Motif invoqué : l'Ardèche fait partie des vingt-sept départements du sud de la France où la chaptalisation n'est autorisée qu'à titre exceptionnel. Ce caractère exceptionnel n'était pas argumenté dans la demande. Les Ardéchois se sont également vus refuser la chaptalisation pour l'IGP Comtés Rhodaniens, alors que les producteurs de cette même IGP, dès lors qu'ils sont installés dans les départements du Rhône, de la Drôme, de l'Ain et de Savoie y ont droit.

Iniquité économique

En Provence-Alpes-Côte-d'Azur, l'IGP Vaucluse, qui avait initialement envisagé de demander la chaptalisation, a finalement renoncé à cette requête. L'enrichissement par MC/MCR ou concentration a été autorisé pour les IGP Méditerranée, du Var, des Alpes-Maritimes, de l'île de Beauté et les blancs de l'IGP Vaucluse.

Il est à prévoir que ces différences de traitement entre région relancent le débat au sein de la filière. Actuellement très occupés par les vendanges, les producteurs ardéchois n'ont pas souhaité persévérer cette année dans leur demande. Qu'en sera-t-il l'an prochain ? La fin des aides aux MC/MCR instaure au sein des vignobles français une iniquité économique, qui semble difficilement tenable sur le long terme.

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