Un château privé de millésime 2012

Mercredi 31 octobre 2012 par C. G.

Le château Hourtin-Ducasse, un cru bourgeois de l'appellation Haut-Médoc, a recours aux produits naturels pour protéger ses vignes des maladies. Soumis à une très forte attaque de mildiou cette année, Michel Marengo, à la tête du domaine, a décidé de ne pas produire le millésime 2012.

« Il n'y aura pas de château Hourtin-Ducasse 2012. À la dégustation des baies (...), je ne trouve pas toutes les composantes nécessaires pour obtenir l'équilibre, la complexité, les arômes, la finesse et la structure qui caractérisent notre vin. » Michel Marengo, propriétaire du château Hourtin-Ducasse, vient d'écrire ces mots à ses deux mille clients français.

Depuis plusieurs années, il a recours aux huiles essentielles et aux infusions de plantes pour lutter contre les maladies de la vigne. Mais cette année, la pression de mildiou et d'oïdium a été d'une rare puissance.

Cote d'alerte

La cote d'alerte a été dépassée aux alentours du 10 juin dernier. Ce jour-là, le viticulteur constate l'apparition de mildiou dans ses vignes. « L'attaque a été très virulente. Nous avons utilisé des produits de synthèse pour tenter de rattraper le coup. En vain, nous n'avons pas réussi. Nous avons eu plus ou moins de dégâts sur l'ensemble de nos parcelles », se désole-t-il.

Fin août, il prend sa décision : il n'y a aura pas de château Hourtin-Ducasse 2012, un AOC Haut-Médoc. Un « vrai déchirement », confesse-il. Mais les raisins de qualité ne sont pas suffisants pour produire le millésime.

Ce n'est pas tout. Son vin de table rosé Les roses de Marie pourrait lui aussi passer à la trappe. Il prendra sa décision au moment des assemblages, dans un mois. « Là, on verra si on s'achemine ou pas vers un vin fidèle à ce que l'on espère, à savoir un rosé frais et vif. »

Vendre ses stocks sans augmenter les prix

Des décisions lourdes de conséquences. En moyenne, Michel Marengo produit 60 000 bouteilles par an de château Hourtin-Ducasse, et 3 000 bouteilles de rosé. Le manque à gagner approche les 800 000 euros.

Pour « survivre », le viticulteur va vendre ses stocks, ses millésimes de 2007 à 2011. Pas question d'augmenter les prix. Le château Hourtin-Ducasse se vend entre 12 à 15,50 euros TTC la bouteille. Le rosé est à 6,50 euros. « Le vin doit rester accessible. Ce n'est pas au consommateur de supporter nos difficultés », confie Michel Marengo.

Malgré ce coup du sort, ce dernier ne veut pas abandonner l'agriculture de conservation qu'il pratique depuis dix ans sur sa vingtaine d'hectares de vignes à Saint-Sauveur, en Gironde.

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