Entre trublions et contre-pouvoir aux guides

Dimanche 19 décembre 2010 par Vitisphere

Dans un milieu réputé fermé, les blogs sur le vin, en plein essor notamment en cette période d'achat de vins pour les fêtes, veulent faire entendre une voix différente des guides vinicoles traditionnels, en s'adressant à un public plus jeune, de façon décomplexée et interactive.


Du simple amateur aux professionnels en passant
par les vignerons, les blogs vinicoles animés
par un individu ou une communauté se comptent
par milliers en France. (© Terre-net Média)

Du simple amateur aux professionnels (sommeliers, journalistes spécialisés) en passant par les vignerons, les blogs vinicoles, ces carnets de bord sur internet animés par un individu ou une communauté, se comptent par milliers en France. Et leur nombre ne cesse de croître.

Il en va de même pour leur influence, comme l'atteste l'intérêt croissant des interprofessions de vins pour les réseaux sociaux. Ainsi, depuis mai 2010, le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (Civb) a fait appel à un « community manager » ou gestionnaire de communauté, chargé d'animer les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, blogs...) et d'y véhiculer le message du Civb en faisant office de « canal officiel ».

« Mon rôle est d'animer la communauté des consommateurs en leur suggérant des mariages entre un vin et une recette, des événements, des jeux concours... », indique à l'Afp Benjamin Anseaume, 29 ans, ce « community manager » de l'agence de communication Creativefeed.

« Un contre-pouvoir par rapport aux médias et guides traditionnels »

Il dit avoir également un rôle de « veille », de « remontée d'informations » et de « force de propositions » pour l'union des vignerons. Le Bivb, interprofession des vins de Bourgogne, assure également avoir mis en place « une observation des blogs sur le vins » depuis « deux ou trois mois ». « C'est clairement un contre-pouvoir par rapport aux médias et guides traditionnels dans la mesure où ils apportent autre chose », estime Joëlle Brouard, directrice de l'Institut de management du vin à l'Ecole supérieure de commerce de Dijon.

Celle-ci va d'ailleurs mener en 2011 une étude sur les blogs vinicoles les plus influents, avec remise de prix à la clé. « Mais le vrai problème pour les blogs, c'est de connaître la fiabilité des informations que l'on y trouve », avance-t-elle. François Desperriers anime Bourgognelive, un des blogs sur le vin les plus en vue du moment, selon le site Wikio, qui établit tous les mois un classement. Il dément toute manipulation commerciale des blogueurs.

Les blogs apportent « un souffle d'air frais »

« Dès que tu mets une pub sur ton blog, tu perds en crédibilité. Il y a une sorte de sélection naturelle », juge-t-il. « Il faut aller gagner de l'argent ailleurs. On est beaucoup à faire ça par passion, à côté de notre travail. Même avec de la pub, c'est difficile de vivre du vin sur internet. Tout le monde s'interroge sur le bon modèle économique, qui soit viable », poursuit-il. Si tous les acteurs de la filière s'accordent à dire qu'il est trop tôt pour mesurer l'influence réelle de ces blogs sur le choix des consommateurs, beaucoup estiment qu'ils ont le mérite d'apporter « un souffle d'air frais ».

Car ces blogs ne se limitent pas à des dégustations de bouteilles commentées face caméra. Certains, comme le blog d'Ophélie Neiman, alias « Missglouglou », revendiquent un ton « plus décalé et décontracté » que les médias traditionnels et se destinent donc à un public « plus jeune ». Sa vidéo intitulée « Comment cracher le vin avec élégance ? » a été vue plus de 220.000 fois sur internet. « Avec un blog, on va chercher un rapport plus d'égal à égal, plus horizontal, avec le lecteur », analyse-t-elle, estimant que la grande force de ces supports résidait dans leur interactivité avec les internautes


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