Investissements chinois

En recul en 2012, ils représentent moins de 1 % du vignoble bordelais

Vendredi 05 avril 2013 par Alexandre Abellan

Investissements chinois : en recul en 2012, ils représentent moins de 1 % du vignoble bordelais

Parmi ses nombreux effets secondaires, la crise aura eu pour conséquence de rebattre les cartes des investissements étrangers sur le marché rural français. Jusque là nettement majoritaires, les européens (anglais, belges...) ont cédé du terrain aux investisseurs américains, russes... et asiatiques. Complétant ces tendances nationales dessinées par les Sociétés d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural (SAFER), la dernière note de conjoncture Agrifrance de BNP Paribas estime que la crise a également donné un intérêt tout particulier aux investissements dans le vignoble français, grâce à une « ouverture sur les marchés étrangers » que les autres terres agricoles n'ont pas.

En regard des prix très élevés du terrain en Champagne et Bourgogne, BNP Paribas estime que Bordeaux « constitue le plus vaste marché viticole au monde ». Depuis le début des années 2000, les acquisitions de vignes et bâtisses viticoles par des investisseurs asiatiques se développent. A la fin 2012, BNP Paribas recensait 35 achats de vignobles par des acheteurs asiatiques. Concernant 750 hectares, ces domaines représeteraient pour de 1 % du vignoble bordelais. Les deux tiers de ces acquisitions concernent des vignes en appellations Bordeaux générique ou Entre-Deux-Mers, témoignant d'une volonté « d'orienter le fruit de la production vers le marché chinois ». L'achat du Château Lucas (côtes de Castillon) en octobre 2012 répondait à cette logique de rentabilité, plus que de prestige. Seule l'acquisition Château Bellefond Belcier (grand cru classé de Sain-Emilion), en septembre dernier, constituerait un achat haut de gamme.

Malgré la forte médiatisation des acquisitions chinoises dans le vignoble bordelais, BNP Paribas précise que seulement une dizaine d'achats auraient été effectués en 2012, contre 17 en 2011. Responsable de clientèle BNP Paribas, Ange La Zeng ajoute que « pour un Chinois, l’achat d’un vignoble à l’étranger est assez compliqué et le retour sur investissement est plus faible qu’un investissement classique. (…) A mon sens, seuls les authentiques amoureux du vin et de la culture française envisagent d'investir. »

En 2012, le prix moyen d'un hectare de vignes bordelaises s'élevait à 155 000 euros selon la SAFER Aquitaine (pour en savoir plus, cliquer ici).

 

 

[Photo : BNP Paribas, Agrifrance]

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